Transparcs

Zone de tranquillité pour gibiers à petites roues !

Knokke - Serooskerke


Etant encore exilé dans le plat pays, je souhaitais continuer à le découvrir à vélo. J'avais souvent entendu parler des autoroutes à vélo hollandaises, aussi je décidai d'aller tourner les jambes de ce côté, accompagné de Lulu pour qui la première expérience des Hauts-Fagnes avait été concluante. Nous voilà donc à nouveau de bon matin sur les quais de la gare de Bruxelles. Comme d'habitude, notre train est annoncé sur un quai, puis l'autre, puis encore un autre… Parfois, j'ai l'impression qu'il faut avoir la foi pour utiliser les trains de la SNCB. Après bien du retard, celui-ci arrive et nous embarquons rapidement dans un super ouagon pour vélo, avec plein de places pour nos montures. Pour une fois, c'est le top! Direction Knokke, le Deauville local. Autant dire que lorsque nous sortons du train et commençons à traverser la ville, nous ne nous sentons pas vraiment à notre place, en short moulant assis sur nos vélos avec sacoches. Ici, si tu n'as pas le cayenne, la jag, ou le range rover version luxe, passe ton chemin. C'est ce que nous faisons bien vite! Quelques centaines de mètres, et nous débouchons sur la mer du nord. C'est toujours quelque chose que de se déplacer entre les habitations ou les dunes, et au dernier moment, de déboucher sur ces immenses plages.

Ici, nous sommes en Flandres. Le pays du vélo. Et donc une région ou tout est fait pour pouvoir se déplacer en douceur: pistes cyclables dédiées, fléchages clairs. Un vrai bonheur, que nous allons savourer pendant ces deux jours à travers la région hollandaise du Zeeland. Un système d'îles très plates et très basses en altitude, puisqu'une partie d'entre elles se trouve sous le niveau de la mer. J'ai donc hâte de voir ces paysages qui ne me sont pas du tout familiers. La situation de ces îles est très particulières, à moitié dans la mer, à moitié dans les estuaires de rivières qui débouchent ici. De part leur topologie, elles sont très sensibles aux mouvements de l'eau, et se sont déjà plusieurs fois retrouvées gravement inondées après des marées à fort coefficient combinées à des tempêtes. L'état hollandais a, depuis les dernière inondations majeurs (années 50 je crois), construit un certain nombre de barrages capables de s'activer en une heure et de fermer totalement l'estuaire. Impressionnant, je veux voir ça.

Nous partons donc de Knokke, en Belgique, et passons rapidement la frontière. Le but dans un premier temps est de longer la mer, jusqu'à la ville de Breskens ou nous comptons emprunter un bac qui nous permettra de rejoindre la première île. La piste cyclable est magnifique, tantôt au sommet de la dune avec vue sur d'immenses plages et la mer, tantôt plus bas, derrière la dune, au milieu d'une végétation de buissons et de terrains sablonneux. Nous sommes assez vite surpris par la quantité de vélos que nous croisons. C'est réellement étonnant, et un vrai plaisir de voir ces gens de tous âges sur leur gros vélo hollandais profiter de l'infrastructure totalement tournée vers la mobilité douce. Bientôt nous arrivons à Breskens. A cet endroit se trouve un bac qui fonctionne en continu (entre 1 et 2 voyages par heure) et permet de traverser vers la première île, à pieds ou à vélo. Nous profitons de l'attente du prochain bateau pour pic-niquer. Les lieux (et tous les endroits que nous traverserons en général) sont tellement nickels qu'on pourrait manger parterre!

Enfin le bateau arrive. La traversée se fait sans encombre, et nous arrivons dans la ville de Vlissingen. On ne peut clairement pas se tromper, nous sommes bien en hollande: petites maisons pimpantes en briques, grosses pistes cyclables, moulins. Bientôt nous arrivons dans l'une des villes principales du Zeeland, Middelburg. Comme beaucoup de villes hollandaises, elle possède un joli Grote Markt, la place du marché, avec l'hôtel de ville qui la magnifie.

Direction ensuite Veere, un joli ancien village de pêcheurs, qui possède maintenant surtout un port de plaisance depuis la fermeture de l'estuaire par un barrage. Nous nous trouvons maintenant en bordure du Parc Naturel de l'Escaut Oriental.

Le but est ensuite de terminer la traversée de cette première île, puis de rejoindre le barrage de l'Escaut Oriental qui va nous permettre de passer sur la seconde île où nous comptons trouver un camping. Bientôt, nous débouchons à nouveau sur la mer, et dans la lumière de fin d'après-midi, les couleurs sont magnifique. Le barrage apparaît bientôt, et il faut avouer que c'est une construction monumentale.

Nous le traversons rapidement, profitons de la lumière du soir pour prendre quelques photos, puis nous mettons en quête d'un camping. Le coin n'en manque vraiment pas, c'est un lieu de villégiature apprécié des hollandais et des allemands. Cependant, en regardant un peu avant, je me suis aperçu qu'il y avait différents types de camping dans le coin, du bon gros site qui tache jusqu'au petit camping à la ferme. Évidemment, dans la plus pure tradition de la TransParcs, nous visons ces derniers. J'en repère un sur notre carte dans le village de Serooskerke (ils les appellent mini-camping, là-bas, c'est à dire des campings tenus par des particuliers au fond de leur jardin). Bonne pioche, les fermiers sont là et très accueillants. D'ailleurs, chose toujours étonnante pour nous autres pauvres frouzes, c'est la fille de la maison qui nous accueille: à tout casser 10-12 ans, je l'aborde en anglais, elle me répond sans soucis… Y a pas à dire, on est vraiment des merdes… Bref, le camping est génial, très bien tenu, et vide, ce qui n'est pas pour nous déplaire. Le chien de la maison nous apprivoise assez rapidement, le saucisson que nous venons de sortir pour l’apéritif n'étant surement pas étranger à ce soudain rapprochement. Le soleil du soir nous procure un dernier moment de chaleur. Jouissif.

Etape 2: Serooskerke - Rosendaal

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