Transparcs

Zone de tranquillité pour gibiers à petites roues !

Eupen - Rurberg


Etant exilé en Belgique pour quelques temps, cela faisait un moment que j'avais repéré cette grosse tâche verte sur la carte entre la Belgique et l'Allemagne: le Parc Naturel des Hauts-Fagnes, et son pendant germanique le Nationalpark Eifel.

Ayant un week-end de libre en ce mois de juin 2012, et voulant faire découvrir le voyage à vélo à ma tendre et chère, le choix ne fut donc pas compliqué: c'était l'endroit idéal pour une première expérience (peut-être un peu trop valloné, mais enfin, elle est solide!) Nous voilà donc un samedi matin sur le quai de la gare de Bruxelles, à attendre notre train qui doit nous emmener à Eupen, dans l'est de la Belgique. C'est alors une première épreuve: savoir ou se trouvera le wagon à vélos lorsque le train arrivera. Evidemment, l'info ne se trouve nulle part: aller, on va parier que ce sera à l'arrière. En attendant, on discute tranquillement avec un local à l'accent terrible qui lui aussi par faire un tour en tandem. Bref, ayé, le train arrive. Locomotive. Premier wagon (prononcer “ouagon”, à la belge). Merde, c'est le ouagon à vélos! Course pour remonter tout le quai, les saccoches à la main. A mi-chemin les contrôleurs nous le confirme: nos bécanes doivent bien aller à l'avant du train. On sort alors notre plus belle tronche de pauvres petits français tout perdus. Actor studio. Ca marche, ils nous disent de monter là et on verra bien comment gérer les vélos. Heureusement il n'y a pas trop de monde, et nous installons donc allègrement tout notre matériel entre les deux ouagons, rendant évidemment l'accès de l'un à l'autre très compliqué.

Bref, le voyage se passe bien et nous débarquons dans la principale ville de la communauté germanophone de Belgique: Eupen. L'appel de la forêt étant le plus fort, nous sortons bien vite de la ville sans trop chercher à la visiter. Le premier objectif est de rejoindre le lac artificiel dominant la cité. Il est l'une des principales sources d'eau potable du coin, la baignade est interdite. Mais à vrai dire, la couverture nuageuse et les températures frisquettes de cette fin de printemps ne nous encouragent pas à enfreindre la règle.

Bientôt nous nous élevons dans la forêt, et entrons dans le Parc Naturel des Hauts-Fagnes. Ce parc est situé à la frontière belgo-germanique, sur un plateau qui s'élève entre 500 et 700 mètres (on ne rigole pas, ici se trouve le point culminant de la Belgique). C'est une magnifique zone de forêts de conifères, et de landes, traversé par un certain nombre de routes forestières et de chemins.

Pour se repérer, j'ai pu trouver une carte du coin spécialement faite pour les vélos. Cependant, les chemins sont très bien fléchés, avec un système de noeuds numérotés. Du coup, il suffit simplement de savoir par quels numéros l'on veut passer, et de suivre les indications.

Après un bon picnique saucisson/chips, il est temps de repartir. Nous passons en Allemagne assez rapidement. L'ambiance commence à chager, les maisons à colombage apparaissent. Le but de l'après-midi est de suivre une longue vallée, le Kalltal, qui descend de Simmerath jusqu'à Nideggen. Sur la carte, un chemin à vélo est indiqué. Nous nous engageons, et bien vite, la route devient piste. Carrossable certes, mais n'imaginez pas y passer avec des petits pneus de route. bref, c'est un peu la surprise, et si de mon côté je suis monté gros, j'espère que les pneus rando de la miss ne vont pas en faire les frais. Ceci étant, cette vallée et magnifique, et l'avantage de suivre ces pistes est que nous quittons bien vite les vroum vroum et autres bruits parasites, pour nous retrouver seuls dans une forêt dense le long de la rivière.

Au bout de quelques heures, nous arrivons au bourg de Nideggen. Un joli chateau domine la vallée. De là, le but est de remonter une autre vallée, le Rurtal, jusqu'au lac artificiel qui domine celle-ci. Les routes sont toujours très agréables, avec fléchage vélo et pistes cyclables. Nous longeons régulièrement d'énormes campings avec plein de bungalows customisés: les locaux semblent aimer le camping, et les emplacements à l'année. Au fond de la vallée, nous entamons ce qui doit être la dernière montée de la journée, en direction de la retenue d'eau. La route doit nous permettre de déboucher au bord du lac artificiel, ou j'ai repéré un camping sur la carte.

“Strasse Gesperrt”. “Route fermée”. Merdum. Le haut du barrage est là, à quelques cetaines de mètre, mais ça ne passe pas. Nous tournons un peu en rond, tentons d'aller au bout, rebroussons chemin devant les travaux. Deux options: un sentier raide sur lequel il faudra pousser nos vélo à 20kg, ou un détour de plusieurs km. Nous avons déjà 80km dans les jambes, et pas très envie de se taper encore plein de km, descendre dans la vallée, remonter, etc. Aller, on tente le sentier. Des locaux nous déconseillent, pensant que c'est beaucoup trop raide pour pousser nos bouzins. “Zu schwierig, zu steil.” On s'en fout, on tente le coup. Bien nous en prend, c'est certes bien raide, mais sur 100m ou 200m. Nous nous retrouvons au bord du lac, dans le Parc National du Eifel. Au camping.

Enfin disons, sur la carte, nous sommes au camping. Sur le terrain, rien. Quelques maisons en cours de construction, un parking. Et rien d'autre. La loose. Aucune envie de redescendre le chemin que nous venons de nous taper. Tant pis, on avance et on verra bien. C'est la fin d'après-midi et le problème camping va bientôt devenir critique, mais nous n'avons pas le choix. Pour le moment, cela n'entame pas notre moral. Nous roulons sur une piste forestière le long du lac, la lumière est magnifique. 10km plus loin, enfin, le village suivant. Sur le plan, nous voyons plusieurs campings. Cool!

Premier camping. Pas de réception, c'est bizarre. En fait, c'est un endroit avec des emplacements à l'année uniquement. Deuxième camping, même chose. On commence à desespérer, ça sent la loose au fond d'un champ, sans douche. Pour une première expérience pour madame, j'aimerais bien éviter! J'entre dans un bar pour demander. Le genre bar à bucherons bien sombre, avec 3 barbus qui boivent leur pression et le patron du même accabit. Je demande timidement s'il existe un coin ou planter la tente dans le coin: je tombe sur des gars adorables! Le patron m'explique comment rejoindre le camping communal, qui se trouve en fait à quelques centaines de mètres. D'un coup, le curseur qui commençait à tendre dangereusement vers la zone “loose” remonte en direction de “succès”. Nous trouvons le camping facilement, c'est sympa, au fond d'une vallée. Le camping ne vend pas de bière: le curseur restera bloqué sur “belle journée” sans atteindre les 100%. Bon on a quand même les chips, petite consolation!

Etape 2: Rurberg - Trois-Ponts

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